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Présentation
Après avoir travaillé à
la Chambre d'Agriculture et au Château
Pécauld, Pascal Clairet s' installe
à Arbois en 1991. La propriété
comprend actuellement 6 ha 20, répartie
ainsi : 1 ha de Poulsard, 1 ha de Trousseau,
1h80 de Savagnin et le reste en Chardonnay. Son
objectif est pratiquement atteint car 6
à 7 ha de vignes suffisent pour une
exploitation familiale, le travail étant
effectué par le couple et l'aide
d'un saisonnier sur une période de 4
mois.
Visite du terroir " Les Corvées"
La parcelle se situe sud, sud-ouest sur
le versant du coteau d'une écaille
formée de calcaire, cela rappelle
le terroir de Château Chalon, l'autre
versant donnant sur Vauxelle. Le terroir
est composé d'une couche d'éboulis,
de graviers gras, d'une épaisseur
d'environ 60 cm sur des marnes grises Elle
est plantée en cépage Trousseau
( Trousseau lâche, genre à
la Dame qui mûrissent mieux )
Conduite de la vigne et vinifications
Les principes de base de Pascal sont
les suivants :
- Travailler proprement : culture
très raisonnée, pas de label
bio mais la même philosophie tout
en gardant la liberté d'intervenir
en cas de besoin et d'éviter les
frais de contrôle pour la certification
à chaque saison ( 1000 euros) . Lignes
enherbées, seulement un léger
buttage, débuttage Traitements
à base de produits organiques en
préventif pulvérisés
avant la pluie, produit de contact et de
couverture .
- Maîtriser les rendements
: moyenne 35 hl/ha tous cépages confondus -
Ne laisser que 8 à 10 grappes par
pied, en cas d'abondance on peut pratiquer
des vendanges en vert Pascal le fait rarement
. Cela consiste début août
à retirer la deuxième grappe
ou quelque fois la première si deux
grappes se gênent afin d'assurer toujours
un meilleur mûrissement
- Ne pas triturer le raisin :
vendanges manuelles, chaque vendangeur est
équipé d'un chariot contenant
une comporte, il commence en haut de la
ligne et descend le bac qui est changé
dès qu'il est plein
- Raisin pas égrappé,
légèrement foulé, puis
pressé, pas de chaptalisation, pas
de levurage, peu de soutirage "
La levure est la charnière de l'A.O.C.,
c'est le catalyseur qui transforme le jus
de raisin en vin . C'est fondamental
de garder nos levures indigènes,
ce sont les précurseurs d'arômes
situés sur la pruine d'un raisin
bien mûr"
- Surtout un raisin cueillit bien
mûr avec la râfle mûre
pour éviter le goût de végétal
et l'amertume. Les pépins doivent
être bruns et se défaire facilement
de la pulpe.
La qualité du vin dépend
principalement de la qualité du raisin
. Le vigneron qui passe du temps dans
ses vignes obtient de grands raisins et
passe ainsi moins de temps en cave."
le vigneron suit son vin mais ne le précède
jamais"
Visite d'une cave
Le vin est élevé dans 2
caves , une en Faramant, l'autre dans la
maison familiale. Cette cave possède
une voûte très haute, c'est
pour cette raison qu'il a choisi des foudres
assez hauts, de forme ovale type Alsacien
ou Suisse, d'une contenance de 3000 litres.
D'autres foudres plus petits et de pièces
viennent en complément. La plupart
des vins blancs sont vinifiés en
pièces, bâtonnés, ouillés
tous les 10 jours et restent 24 mois minimum
avant d'être assemblés en foudre.
Les vins de 2003 seront assemblés
au printemps.
Dégustation
1) Poulsard 2005 l'Uva Arbosiana Ancien
nom du cépage arboisien, en général
pour le millésime 2005, les fermentations
malolactiques sont terminées,
le vin est tiré de cuve. Particularité
de ce vin : il est réalisé
en macération carbonique ( 1100 mg
CO2 ) Le raisin est mis entier dans
les cuves pendant 1 mois puis il est décuvé
et pressé . Cela donne un vin au
nez de raisin, en bouche très fruité,
très frais mais avec du gras. Un
vin de soif très agréable
.
2) Poulsard 2003 Rendement
22 hl/ha, il a cuvé pendant 4 semaines,
pigé 3 jours, il contient 2g de CO2 Au
premier nez un peu de réduit qui
s'estompe après aération .
Robe grenat aux reflets cuivrés
au nez se dégagent des arômes
d'épices. La bouche est ample,
les tanins sont fins et serrés, en
rétro des arômes de gelée
de framboise.
3) Trousseau 2005 Vin tiré
sur cuve, pas relevé ( soutirage
après malo ) malo juste terminée.
Fermentation en cuve ouverte de 40 hl peu
haute, très large pour un meilleur
contact avec le chapeau cela permet une
bonne infusion des anthocyanes qui ainsi
dégageront plus de couleur et d'arômes.
Pas chaptalisé 11.95 à
12 °, rendement 43 hl/ha, mis en bouteilles
depuis 2 mois Premier nez de fruits noirs,
baies de sureau . La bouche est un peu plus
étroite que le précédent
mais bien fruitée. Un vin agréable
qui accompagnera sans prétention
une pièce de viande rouge
5) Trousseau 2003 Année
très précoce, vigne vendangée
le 19 août, vin titrant 14°5 Robe
rouge grenat aux reflets noirs. Nez de fruits
noirs surmûris. La bouche est riche,
bien équilibrée, fraîche
malgré la richesse en alcool, les
tanins sont présents. "
Le Trousseau est capable du meilleur comme
du pire, il faut qu'il soit planté
dans son terroir et qu'il puisse bien mûrir"
6) Chardonnay 2005 en Curon Titre
13.8 à la vendange, il reste 5 à
6 g de sucre, non oxydé, malo non
terminée Nez encore fermentaire
puis se dégage de la vanille et de
l'anis. La bouche est moelleuse, très
riche
7) Chardonnay 2004 Sans SO2,
élevé 1 an en pièce
plus 1 été Nez aux arômes
de brioché, d'amande et minéral. Belle
acidité en bouche, du gras, vin suave.
En rétro du minéral et encore
de l'anisé. " La particularité
de ce vin c'est qu'il se partage entre les
arômes fermentaires et le minéral
"
8) Chardonnay 2002 en Curon Belle
robe dorée. Nez toujours sur le minéral,
le calcaire, la craie. Attaque souple en
bouche, une superbe qualité de l'acidité
qui évolue vers la minéralité
.Un fin de bouche très briochée
et minérale. Un vin blanc de gastronomie
qui se mariera parfaitement avec une cassolette
de Saint Jacques
9) Fleur de Savagnin 2003 Vin
ouillé, mise en bouteille récemment. Au
nez des nuances d'anis, de brioché,
de pommes séchées, de marc
de vin de paille Bouche : attaque fraîche,
on trouve du minéral, des agrumes,
une grande finesse et en rétro du
minéral, des notes beurrées
10) Savagnin 2002 Les Solstices
Vendange tardive puisque récolté
le 11 novembre 2002, seulement 8 hl/ha,
vin ouillé, pas de malo Un nez
extraordinaire de pâte de coing, d'agrumes,
d'oranges confites, de vin de paille, pelure
de crayon (Baignol et Fargon et non Carrend'ache
dira Maurice )
11) Vin jaune 1998 Mis en bouteille
en avril 2005, provient d'une jeune vigne
( sixième feuille, la cinquième
a aussi produit du jaune ) Nez puissant
mais d'une grande finesse, des arômes
d'épices douces, de fruits secs En
bouche : attaque vive, belle finesse, le
minéral domine, on retrouve les épices,
le curry Vin racé, marqué
par son élégance et d'une
belle longueur
12) Vin de paille 2002 Belle
robe jaune doré aux reflets cuivrés Nez
de pâte de coing, de raisins secs
et gingembre confit On retrouve en bouche
l'orange amère, le coing, l'eau de
coing, longueur et fin de bouche de belle
qualité
13) Poulsard 1993 Premier
Poulsard de Pascal, il a été
primé par une médaille d'argent
. Un Poulsard traditionnel pour accompagné
le sympathique mâchon prévu
en notre honneur et qui a été
fort apprécié après
cette riche dégustation
Conclusion
" Superbe dégustation
où l'homme et le terroir s'interpénètrent"
Nous avons dégusté les
vins d'un humaniste, pour ne pas dire d'un
démiurge, une éclatante symbiose
entre l'homme et le terroir confirmée
par un discours qui nous porte à
deviner Pascal rêvant son vin dans
le secret de sa cave
Marie
Thérèse GRAPPE
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