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Du verre à pied
au gobelet, en passant par la chope, le
ballon, la flûte, il existe une multitude
de contenants prêts à faire
bonne contenance. Vins fins, grands crus,
vins doux, alcools, liqueurs, chaque boisson
à son verre privilégié.
Comment
fabrique-t-on le verre ?
Avec
du sable, certes mais pas n'importe quel
sable. Il doit être le plus pur possible
et si fin qu'il colle aux doigts comme de
la poudre. Pour fondre ce sable, il faut
un feu violent vers 1500°C, l'on y adjoint
du carbonate de soude ou de potasse et de
la chaux. Le verre est mis en forme entre
650 et 1000°C. Les verres de couleur
s'obtiennent par l'adjonction d'oxyde métallique,
c'est l'or qui donne la couleur rouge.
Historique
Le
verre est une des matières les plus
brillantes et fragiles qui soit (comme la
fortune), très recherché par
tous ceux qui aiment le raffinement depuis
plus de 3000 ans. Les premiers objets
proviennent d'Egypte et de Mésopotamie.
Puis les Romains eurent l'idée de
souffler dans la pâte de verre en
fusion avec une tige de métal. Le
verre soufflé fit son apparition
et la méthode traversa les millénaires.
Verre
soufflé bouche ou mécanique
Au
X ème siècle les verres les
plus recherchés provenaient d'Orient,
puis ce furent ceux de Venise, et enfin
le verre de Bohème prit toutes les
relèves. Au XIX siècle,
le verre mécanique entre dans l'ère
industrielle. Son prix devient plus accessible,
les machines remplacent de plus en plus
l'homme. Aujourd'hui 4 verres sur 5 sortent
d'une chaîne de montage mécanique
: Cristallerie d'Arques, St Gobain, BSN...
La
naissance du cristal
A la Renaissance,
tous les verriers du monde voulaient concurrencer
le verre de Venise. Un artisan anglais George
Ravenscroft en 1673 eu l'idée d'adjoindre
par hasard de l'oxyde de plomb dans la pâte
pour faciliter la fonte de la pâte.
Le verre ainsi obtenu présentait
une dureté, un éclat, une
sonorité et une stabilité
remarquable. Le premier cristal français
est crée en 1781 à la cristallerie
de St Louis en Lorraine, Louis XV lui accorde
le titre de verrerie royale. Puis se
crée la cristallerie de Baccarat,
la cristallerie royale de Champagne et bien
d'autres.
Le verre et la table
Au
16 ème : Un seul verre, une pratique
qui avait l'avantage de rendre tout empoisonnement
difficile. Au 17 ème : Un verre
par personne. Ils étaient disposés
dans un récipient rafraîchissant
et étaient apportés à
la demande aux invités par les domestiques. Au
18 ème : Plusieurs verres, souvent
grands et trop excentriques car les verriers
rivalisent d'audace. Au 19 ème
: Toute la gamme des verres du service pour
un seul convive - Les régions
viticoles souhaitent apporter disons "
leur grain de sable" et chacune s'attribue
un verre. Au fait pourquoi le pied du verre
à Alsace est-il de couleur verte
?. Simplement cela évitait de voir
"les voltigeurs", ces petites
particules en suspension dans le vin -
Les oenologues décidèrent
" de prendre le verre en main"
mais on se demande parfois qui l'emporte
au juste le contenant ou le contenu.
Le
verre à dégustation universel
Le
meilleur verre est, pour le dégustateur,
celui qui sait se faire "oublier".
Il se moque d'un verre bien taillé,
pour lui la star, c'est le vin. Ainsi fut
mis aux oubliettes le taste-vin que tous
les professionnels portaient sur eux, il
y a encore 50 ans (c'était un verre
à soi). En 1968 : L'oenologue
Jules Chauvet avait constaté que
la surface de contact entre l'air et le
vin entraînait des variations d'arômes.
Avec l'aide de Georges Vedel, responsable
de l'I.N.A.O., ils travaillèrent
sur un verre universel. Le dessin fut déposé
en 1970 et il a été adopté
par tous les dégustateurs pour les
jurys et concours. Personnellement, je
juge ce verre trop petit pour déguster
confortablement, je préfère
les verres plus grands car la paraison (vasque)
doit permettre l'introduction des lèvres
et du nez .
Choix d'un verre à
dégustation
Il faut prendre
en compte le visuel, l'olfactif, la bouche
et le cerveau pour le plaisir de la dégustation.
Le choix du verre sera différent
selon le contexte le lieu et les vins à
déguster. Dégustation professionnelle
dans une cave ou dans une salle, dégustation
d'oenophiles dans un restaurant gastronomique. Mais
essayons de retenir les principales propriétés
d'un bon verre à dégustation.
1)
Le premier contact du dégustateur
avec un verre à vin est celui de
l'oeil. Le verre doit être limpide
et suffisamment profond pour contenir une
dose suffisante pour bien déguster
(test verre noir). La profondeur et la
limpidité s'observeront mieux dans
un verre fin et transparent. Et s'observeront
mieux encore si on incline le verre . En
s'étalant le vin nous dévoile
dans sa couleur des indications importantes
: âge, concentration. En inclinant
le verre on peut observer les larmes ou
jambes que forme le glycérol surtout
chez les vins moelleux. Pour cela évitons
les verres évasés, il est
difficile de les incliner sans risquer de
renverser le vin et si l'ouverture est trop
évasée les arômes s'échappent
trop rapidement.
2) La prise en main
: le verre doit être doté d'un
pied suffisamment large pour la stabilité
et d'une jambe assez haute pour une bonne
tenue. La jambe fine allie esthétique
et maniabilité. Il faut toujours
tenir le verre par le pied, d'une part pour
ne pas chauffer le vin, d'autre part pour
pouvoir observer puis humer et enfin agiter
pour oxygéner le vin afin qu'il libère
un maximum d'arômes (test nez bouché).
3)
Le contact sensoriel : le premier contact
est celui des lèvres, le buvant des
verres doit être très fin pour
un contact raffiné mais suffisamment
résistant à l'essuyage. La
paraison (courbure supérieure) doit
être légèrement refermée
pour retenir les arômes.
Autre
critère non négligeable :
le prix, un verre cristal soufflé
coûte environ 20 euros.
Pour
l'ensemble des critères, j'ai porté
mon choix sur le verre "expert"
de chez Spiegelau, maison allemande très
réputée. Ce verre a d'ailleurs
été testé et retenu
par la revue des vins de France comme le
meilleur verre à dégustation
et son prix est tout a fait abordable :
1.90 eu.HT par boite de 6.
Champagne
Pour
les vins effervescents, préférer
les flûtes ou des verres ovoïdes
aux coupes dont la forme plus étroite
retient mieux l'effervescence du vin. C'est
moins romantique que la coupe dont le galbe
aurait été moulé sur
le sein de la Pompadour, mais plus efficace
pour la formation des bulles et la concentration
des arômes. Attention : pour profiter
pleinement du champagne, traitez bien les
verres. N'utilisez jamais de produit de
rinçage qui laisse un film fatal
à l'effervescence du vin en supprimant
toutes les aspérités du verre
! Simplement rincez les à l'eau claire
et séchez-les avec un torchon de
préférence en lin non pelucheux.
Ne jamais les mettre au congélateur
pour les givrer, l'humidité et le
froid bloquent la formation des bulles.
Voici
le moment du verre de contact, c'est à
dire l'apéritif. Déguster
avec modération car l'alcoolisme
est un verre solitaire.
Essayez les
différents verres et bonne dégustation
!
Marie-Thérèse
Grappe Présidente des Oenophiles
et Dégustateurs du Jura
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