Vins de St-Emilion

 

Dégustation du 29 août 2004 à St-Lothain (Jura)
 

Dégustateurs : M.T. Grappe, J.C. Grappe, M. Jaillet, D. Galland, M.T. Galland, C. Guillet, M. Delavenne, J.C. Morel, M. Morel, G. Trimaille, M. Favier, M. Pelaudeix

Verticale Saint-Emilion

1994 Château-Bellevue Grand Cru classé
(situé sur la côte)
Belle robe rouge grenat avec des reflets tuilés, limpide et nette. Au nez des odeurs de fruits noirs, épices, viande, boisé. L'attaque est souple, l'ampleur est modérée, l'acidité domine, les tanins serrés et présents rendent la fin de bouche asséchante. Arômes confirmés par rétro-olfaction, persistance moyenne, vin en phase descendante.

1992 Château Troplong Mondot Grand Cru classé
(situé sur le plateau calcaire à astéries)
Robe rouge grenat profond, manque de limpidité, présence de bulles de gaz et voltigeurs. Le nez est flatteur aux odeurs de fruits noirs, d'épices, cuir, sous-bois. L'attaque en bouche souple évolue vers l'acidité et les tanins. Rétro de fruits noirs, un vin fini surprenant pour un vin de plateau.

1988 Château Rasdet-Joly
(St Emilion générique)
Robe rouge brique, reflets orangés. Nez peu expressif. Attaque souple, développement rapide, manque de volume et de matière, les tanins sont fins et arrondis. Vin déjà sur le déclin.

1979 Cuvée Rocaille
Robe grenat tuilé trouble avec des particules en suspension. Nez oxydé, animal (crottin de cheval). La bouche est souple, maigre, décharnée, une pointe métallique. Vin sur le déclin.

1976 Château Bel Air
Robe brique, reflets tuilés, manque de limpidité. Nez discret, cerises à l'eau de vie, fourrure.
L'attaque est souple, développement très acide qui perturbe la bouche, tanins serrés et acerbes. Reste en finale l'acidité (acide acétique) et l'alcool. Vin dépassé.

1973 Château Corbin Michotte Grand Cru classé
(situé sur les Graves près de Pomerol)
Robe grenat aux reflets cuivrés de bonne intensité. Le nez peu expressif puis libère des odeurs de pruneaux à l'eau de vie. L'attaque est souple, une bouche très ronde, d'une ampleur maîtrisée, équilibrée, capiteuse, des tanins arrondis. Une rétro de fruits noirs, d'épices et de boisé bien fondus. Malgré le millésime difficile et son âge : un vin encore agréable mais à déguster rapidement.

1967 Auteuil marque déposée de chez Cordier
Robe brique, trouble avec dépôt. Nez de vieux vin de noix oxydé. La bouche est souple, décharnée avec des arômes de rancio.

Autres A.O.C.

Saint Estèphe
1989 Château Cos Labory 5ème Grand Cru classé
de 1855, une superficie de 18 ha produit 100.000 bouteilles par an. L'encépagement comprend 55 % de Cabernet Sauvignon, 35 % de Merlot et 10 % de Cabernet Franc, les vignes sont âgées de plus de 30 ans.
Robe rouge grenat, profonde, limpide et brillante. Nez puissant, riche, aux odeurs de fruits noirs, cassis, épices, boisé, viande. Attaque franche, bouche ample, équilibrée, avec beaucoup de matière, des tanins denses, fins et arrondis. Une pointe d'amertume en finale et une bonne persistance. Très beau vin d'un millésime exceptionnel.

Moulis Médoc
1983 Château Dutruch Grand Poujeaux
Robe profonde grenat foncé, limpide et brillante. Nez aux odeurs de fruits noirs surmûris, griottes, pruneaux. Attaque franche, bouche ample bien structurée, des tanins fins et arrondis, en rétro toujours les arômes de griottes, fine amertume en fin de bouche. Grand millésime.

Conclusion

La plupart des Saint-Emilion, même les grands crus classés, sont "en phase descendante". A part quelques exceptions (millésime exceptionnel, cave adaptée), il est préférable de ne pas attendre 10 ans, commencer à les consommer dès 4 à 5 ans si on veut vraiment se faire plaisir en dégustant.

Marie-Thérèse Grappe